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Prologue
« Tu crois vraiment
qu’il y a une
bibliothèque secrète ici, au château
!!! »
« Certain, j’y suis déjà
allé,
c’est derrière le pan de mur " Broderie
Perlée "
juste là-bas. »
« Et les gars on s’casse, on reviendra cette nuit,
j’ai taxé un trousseau de clefs sur un bureau.
»
La nuit tombée nous sommes
retourné à la
bibliothèque municipale, armés des clefs et de
lampes
torches.
Une fois à l’intérieur, Steph alla
directement au
rayon " Broderie Perlée ", et tira le pan de
bibliothèque
pour découvrir une petite porte.
« ça y est ! On devrait trouver notre bonheur
là-dedans. »
Des tas et des tas de livres semblant devoir tomber en
poussière
au moindre contact étaient amassés dans des
rayonnages.
« Pouhh ! C’est pas gagné. »
Quelques heures, éternuements et quintes de toux plus tard.
« V’nez voir c’que j’ai
trouvé ! »
« C’est celui la, j’en suis
sûr,…...j’sais pas pourquoi ! »
« Allez, on l’prend et on s’tire de
là. »
Enfin nous l’avons. Avec empressement, nous
décidons
d’étudier le manuscrit. Sa couverture semblait
faite avec
une sorte de cuir souple, un étrange symbole
était
gravé au recto, ressemblant vaguement à un Y
surmontant
une croix. C’est quand nous l’avons ouvert que nous
avons
identifié la matière qui avait
été
utilisée pour couvrir ce grimoire. La face
intérieur de
la couverture était d’une couleur beaucoup plus
rosée et parcourue par des lignes
irrégulières
d’un rouge écarlate.
« C’est de la peau,
bordel ! »
« Taaawww !!!! »
« Nooon…..Ah si c’en est bien.
»
Après cette macabre
découverte, il était
temps de feuilleter les pages de cet étrange ouvrage.
Chacune
d’elle était recouverte de hiéroglyphes
intrigants,
de croquis pas très explicites, de symboles pour le moins
dérangeants et le texte était
rédigé
à l’aide d’un alphabet qui n’a
pas du
être étudié depuis bien des
millénaires sans
aucun doute.
Malgré tout cela, Flo semblait capable de le
déchiffrer.
La lecture du grimoire nous prit une bonne semaine. Son orientation
était claire, la vie n’est que misère
et labeur
incessant, la non-vie est liberté et pouvoir, et sera la
récompense après la mort, pour les
fidèles du
Culte du Monarque des Cadavres, Yayeth.
Une sombre prophétie y était également
relatée, et il semblait que de simples lecteurs nous
deviendrons
des personnes essentielles à son accomplissement, de plus
étaient mentionnées des indications afin de
découvrir la cité souterraine d’Ibniss
Thuat
où nous attends notre seigneur
Maintenant que nous connaissons notre destination, nous devons proposer
aux deux autres membres du groupe de nous accompagner. Ceci se fit lors
de la répétition suivante.
C’est Laurent notre bassiste qui arriva le premier.
« Salut Laurent. On a quelque chose à te dire, on
va
surement part… »
« Ouais d’accord,
héhéhé….
»
On n’a pas vraiment eu le temps de tout lui expliquer, mais
bon
c’est Laurent quoi !
Quelques minutes plus tard arrive Nico.
« Toujours en retard Kiki ! »
« Argghh, Grrr, fait chier, grrr…. »
« Dis, on a quelque chose d’important à
te dire.
»
« Quoi ! Grrr… J’ai pas eu le temps
d’bosser
les morceaux argghhh… »
« Non, c’est pas ça. On a
décidé de
partir en voyage en Arabie, on a découvert un vieux livre
dans
lequel il est dit que Yayeth serait endormi dans une cité
située dans un désert, là-bas.
»
« Et on a trouvé ou devait se trouver cette
cité.
»
«Y vont voir qui est Kiki Bluebeard, en Arabie, Arrgrrh,
Grrr,
j’suis un vrai Barbare, Arrggrhh »
« Ok, alors on part dans deux
jours, il y a un vol pour
Riad à 10h24. Tout le monde est ok ?»
« OK ! »
« ça va pour moi. »
« Ouais ! Hi ! Hi ! »
« ……… »
« Kiki ? »
« Euh ! Oui, enfin faut que j’demande à
ma
mère. »
« Alors c’est réglé.
»
S’ensuit une
répétition fort plaisante,
bien que les esprits de certains étaient à autre
chose
semble-t-il !
Chapitre 1
Enfin nous voici à
l’aéroport, tout le
monde est là, attendant avec impatience de pouvoir embarquer.
le vol fut très agréable, enfin au moins pour
quatre
d’entre-nous.
« P’tain Kiki, tu peux
pas rester assis cinq
minutes ou quoi ? »
« ça va Kiki ? »
« ….Huummpfff, ouimmpfff, pardon pfff…
»
« Les chiottes c’est au bout, mais apparemment tu
dois
savoir Hi Hi Hi ! Hein Flo ! Flo ! Éh Flo….
»
«
….rrrroooonnnn….pssiii…..rrrooonnnn….pssiiii….
»
L’avion se pose finalement
à Riad en fin
d’après-midi, direction le centre ville afin de
trouver un
hôtel pour la nuit, puis louer un 4x4 et faire le plein de
matériel nécessaire à notre
expédition au
milieu du désert.
Rapidement, nous avions la quasi totalité de ce que nous
voulions emporter.
Une seul pièce manquait, et pas des moindres, une carte
détaillée du désert de Roub al Khali.
Chaque fois
que l’on se renseignait auprès d’un
commerçant son comportement changeait du tout au tout
dès
que nous demandions si les cartes mentionnait la position
d’une
ancienne cité, sûrement en ruine maintenant,
dénommée Ibniss Thuat.
« Partiez ti d’suite,
j’y pas li carte
qu’ti voux, y j’firme li magazoun. Dihors.
»
Après plusieurs
échecs, nous décidons de
rentrer à l’hôtel pour diner. Mais sur
le chemin du
retour, aux abords d’une petite ruelle escarpée,
une voix
nous interpella.
« J’ai une chose qui
vous intéresse, une
carte, venez, suivez moi dans mon humble échoppe. »
L’obscurité ne nous a
pas permise de voir
exactement qui était cet homme, de plus il était
enveloppé dans une djellaba et encapuchonné, mais
nous
l’avons suivi jusqu’à une petite bicoque
crasseuse
et poussiéreuse.
« Comment savez vous que nous
voulons votre carte ?
»
« Je le sais c’est tout….
C’est 38 rials, une
affaire, et la cité que vous recherchez est
mentionnée…. Alors ? »
« Vendue, tenez, vos rials »
« Et voici pour vous messieurs, prenez-en soin. »
« Allez les gars on s’en va »
A peine sortis de
l’échoppe on entendit un rire
ténébreux venant de
l’intérieur, mais quand
nous nous retournâmes, il n’y avait plus personne.
Étrange...
Chapitre
2
Le lendemain matin, nous étions
parés pour le
départ. Le 4x4 était chargé, et
après une
étude brève de nos cartes, nous avons
déterminé la direction à suivre.
Très rapidement nous sommes
sortis de Riad et nous
nous dirigions plein sud. Après quelques heures de routes,
nous
nous sommes éloignés de toutes traces de
civilisation,
nous avions atteint Roub al Khali et ses étendues de sable
à perte de vue.
« j’crois
qu’jai vu Peterhansel là
bas….
Hummpfff….Humppfff...Hummmpfff… »
« C’est pas une étape du Paris-Dakar
qu’on
fait !!!! »
« Et au fait, c’est à droite ou
à gauche
après le passage ferroviaire ? Hi..Hi...Hi…..
»
« Tu pourrais pas rouler moins vite, et éviter les
bosses…..J’crois qu’j’vais
vo…..bleeeuuuurbbb….mir.. »
« Trot tard Kiki ! »
La joie et l’allégresse
étaient de la
partie tout le long de notre périple, mais c’est
durant le
troisième jour de route que tout bascula .
« Bon, j’crois que
j’sais plus trop
où on est par rapport à la carte. »
« Y’a pire, on est presque à sec
d’essence.
»
« Bah, si y’avait qu’au niveau de
l’essence,
ça passerait, mais y’a plus qu’une
bière
»
« Glou…. Glou…. Glou….
»
« J’crois qu’la dernière
bière est dans
l’estomac du Flo ! »
« Flo ! »
« Hein ? »
Le soleil cognait de plus en plus fort, nous
étions
complètement desséchés.
Quand, marchant comme un traîne savates, mon pied heurta
quelque
chose de dur sous le sable.
« Aïe…
Saloperie de
merde…..grrrr…. »
« hein, c’est quoi, qu’est ce qui
s’passe… »
« On est mort là ou pas ? »
« A boire, s’il vous plait, une p’tite
bière….arghhhh »
« Putain, j’vomis que du
sable….pouah… »
Une dalle de pierre était
recouverte de sable. Avec
l’énergie du désespoir, nous avons
réussi
à la déplacer quelque peu. Elle semble
déboucher
sur un tunnel. Dans un dernier effort collectif, nous la
déplaçons de façon à
dégager
complètement l’entrée.
« Bon, on entre ou quoi ?
»
« C’est qu’on y voit pas grand chose !
»
« J’ai un briquet. »
« Moi aussi. »
« On y va alors ! »
Le chemin descendait rapidement, et semblait
nous mener dans
les entrailles de la Terre. La progression devenait de plus en plus
périlleuse, et la faible lumière émise
par les
deux briquets ne suffisait plus. Mais après plusieurs
dizaines
de minutes de descente, le tunnel semblait moins chaotique, comme si on
marchait dans un couloir. C’est à ce moment que
nous avons
eu la sensation de refaire route sur un sol plus à plat.
Comme
un miracle n’arrive jamais seul, sur les parois
étaient
posés des portes-torches.
« Eh, y’a des torches
sur les murs ! »
« Vite, faut en prendre et les allumer avant que les briquets
soient à sec. »
« Ah….on y voit plus clair quand même
»
Nous avons, grâce à la
lumière des
torches, pu avancer plus facilement dans ces souterrains qui nous
paraissaient moins naturel mais plus creusé par des hommes,
voir
d’autres créatures. Les parois rapidement
devenaient de
véritables murs, qui de plus étaient recouverts
de
symboles étranges.
« J’ai
l’impression d’avoir
déjà vu des trucs comme ça !
»
« Attends…. Moi aussi ! »
« Regardez les gars, y’a des inscriptions
identiques dans
le grimoire »
« Ouahhh….. »
« J’crois qu’on approche
d’Ibniss Thuat »
Chapitre
3
Voilà, nous y étions.
Le tunnel avait
laissé place à une cavité immense,
enfin il
était bien difficile de dire combien cette caverne
était
haute et jusqu’où elle pouvait bien
s’étendre, avec le peu de sources lumineuses que
nous
trimballions. L’air y était froid, mais pas
vraiment
glacial, la respiration y était difficile.
Après quelques instants d’hésitation,
nous
pénétrâmes dans ce que nous pensions
être la
cité dont nous avions tant rêvé.
Il y a une sorte de portail, enfin plutôt une arche, qui
semble
indiquer l’entrée. Celle-ci paraît
taillée
dans une sorte de roche calcaire et blanchâtre. La
clé de
voûte de l’arche n’est rien de moins
qu’une
espèce de crâne, animal je dirais, mais je
n’ai
aucun souvenir d’avoir pu un jour voir une bête, en
vrai ou
en photo, ayant une tête qui pourrait ressembler à
la
structure de ce crâne. Il doit faire, à peu
près un
mètre vingt, un mètre cinquante de
diamètre, ses
mâchoires paraissent encore plus énormes, les
orbites
oculaires sont plus ovoïdes que sphériques et le
dessus de
la boite crânienne est ornée de trois bosses
pointues. De
plus nous remarquons la similarité du matériau
utilisé pour l’arche avec ce crâne.
Intriguant !
Après nous être
attardés sur le «
portail » d’entrée, nous empruntons un
chemin
jalonné de piliers toujours faits de la même
matière blanchâtre. En nous approchant de
l’un
d’eux, et en l’inspectant de façon plus
méthodique, nous avons finalement compris.
« Hé ! Mais c’est plusieurs trucs
assemblés
qui forment le pilier. »
« Pis c’est pas tous les mêmes !
»
« approche plus ta torche, j’ crois bien que
j’ sais
de quoi ils sont faits ! »
« Ben c’est bien ce que je pensais, c’est
des os.
Là y’a un tibia, là un
fémur. »
« Hooo ! Y’a même des doigts de pieds !
Hi hi
hi… »
Nous étions à la fois
fiers de notre
découverte, mais également assaillis
d’une peur
imperceptible quand nous avons compris que tous les bâtiments
étaient érigés avec des ossements.
Après de longs instants
d’errance dans les
ruelles de cette cité blanchâtre, nous avons
été surpris par une odeur tout à fait
nouvelle
depuis notre entrée dans ces souterrains.
« Pouah ! Ça chlingue !
»
« La vache c’est quoi c’
t’odeur ? »
« Beurk ! Bleeeuuuurrrrppppp…. Fait
chier….bleeuurpp… putain j’ai encore
pourri mes
pompes et mon fut’ »
« C’est même pire que la gerbe du Kiki !
Hi hi
hi… »
« Taw ! Ça vient de ce machin là-bas,
le dôme
brunâtre un peu plus loin ! »
C’était plus fort que
nous, nous devions aller
voir ce qu’était cet édifice, et
pourquoi, au
contraire de tous les autres, il n’était pas blanc
et de
plus dispensait une odeur si particulière.
Plus nous avancions, et plus
l’odeur nous rappelait
celle que doit sans doute produire un charnier. L’air
devenait
d’ailleurs quasi irrespirable, nous devions porter
à nos
visages un mouchoir pour ceux qui en avaient ou une autre
pièce
de tissu.
Nous arrivâmes finalement devant
cette étrange
bâtisse. Les matériaux ayant servis à
la
construction de ce gigantesque édifice
hémisphérique étaient
aisément
identifiables, maintenant que nous nous trouvions à ses
pieds.
L’armature était un assemblage d’os
longs, provenant
sûrement de bras ou de jambes humaines, tandis que la sorte
de
toile brunâtre qui recouvrait l’ensemble,
n’était rien de moins que des lambeaux de peau
cousus les
uns aux autres, tannés par le temps, et c’est
cette
dernière qui dégageait cette puanteur de charnier
millénaire.
En faisant le tour, nous trouvâmes une entrée,
semblable
à celle d’une tente.
« Tawww…..On entre ?
»
« Tant qu’à faire ! »
« Pis c’est le seul endroit un peu reconnaissable,
ça devait avoir une utilité
particulière ! »
« Bbbbblllll…...j’sais pas
si...euuuurrrrpppp
j’vais pouvoir….. »
« Euuhhh !!!!. Hi hi hi….oups ! Euh, en fait
j’ai
oublié que j’ devais rentrer chez moi !
J’avais
rendez-vous ! Hi hi hi… j’avais prévu
de faire une
virée avec ma nouvelle moto, y’a Marco qui doit
m’attendre ! »
« Hein ???? »
« Eh ! Où tu vas, Laurent ? »
« Qu’est-ce qu’il fait, le con ?
»
« Bon et bien salut les gars, pis j’ai plus envie
de jouer
de la basse non plus, allez à plus. »
« ?????!!!!!!????? Ah bon ???? »
Laurent était parti, un peu comme
il était
arrivé dans le groupe d’ailleurs, on sait toujours
pas
pourquoi et comment ! C’est Laurent quoi !
C’est donc réduit
à quatre que nous
pénétrâmes en cet endroit
nauséabond.
Il n’y avait qu’une
seule et unique salle. Son
sol était jonché de cadavres
décharnés,
dont les squelettes semblaient avoir implosés, ou
été disloqués, les os
répandus de-ci de
là.
Et quel ne fut pas notre émerveillement quand nous
vîmes,
enfin, celui pour qui nous avions tant traversé
d’épreuves.
Sur un amas de crânes, était juché un
trône
façonné avec des ossements d’un blanc
éclatant. Sur celui-ci, c’était lui,
nous
n’en doutions pas, Yayeth, assis, stoïque, dans son
aube
noire et sang, la tête recouverte d’une capuche.
« Ça y est, les gars,
on l’a trouvé
! »
« Putain, j’en chialerai
presque….snif...snif »
« J’ le voyais pas si grand, à la
télé
c’est trompeur ! Pffff...umpfff...umpfff…!
»
« Maman! Ça fout les j’tons !»
Nous étions un peu
démunis, face à lui
et son éternel sommeil. Le mieux était de
consulter le
grimoire, afin de chercher s’il existait une façon
de le
sortir de sa torpeur ancestrale.
Après quelques heures d’études, nous
avons enfin
trouvé un passage traitant de la Grande Invocation des
Pouvoirs
des Ténèbres.
« Ça doit
être ça ! Faut
réciter l’invocation, ça devrait
marcher ! »
« Donne-moi ça tout de suite ! »
« Allez on y va, tous en même temps. »
« Vous êtes sûr qu’il faut le
faire ? Hein !
C’est que…..Maman……
»
Nous récitâmes
l’incantation.
« Yehg fin r’kie ol njandj Yayeth. Gaer odr fzeof
hib
havoej ez o’herdg.
Innenn o’ fe’ern nio at greda ezes herdi. At nighin
se’edat an o’eret ezes tiruk. »
(Traduction francophone :
Viens à nous notre maître Yayeth. Sois notre guide
Grand
Seigneur de la mort.
Répands la terreur avec ton armée de morts. Ton
règne arrive sur la terre des vivants.)
Chapitre 4
Ça y est, nous y
étions, nous l’avions
trouvé, nous avions récité
l’incantation,
nous attendions la suite. Elle ne fut pas longue à arriver
d’ailleurs.
« Il a bougé, enfin je
crois ! »
« Oups ! Mais qu’est-ce que j’ fous
là !
…..C’est pas vrai !…..J’ veux
revoir ma maman
! »
« J’ l’ai vu aussi. Trop fort !
»
« Youhou ! »
Le corps, au départ
inanimé, semblait parcouru
par de légers soubresauts, comme s’il
était
parcouru par une énergie fraîchement
retrouvée.
Puis quelques instants plus tard, un grondement lointain se fit sentir,
provenant d’on ne sait où, tellement il emplissait
tout le
dôme. Il devenait de plus en plus bruyant,
jusqu’à
devenir un cri de rage. Yayeth était bel et bien sorti de
son
sommeil et le faisait savoir haut et fort à toute la
cité
! Ensuite ces bras se levèrent, ses manches
découvrant
des mains squelettiques, il retira sa capuche,
révélant
un crâne avec des lueurs rouges au fond de ces orbites
oculaires.
La liche dégageait une impression
majestueuse, une
puissance inimaginable, nous ne pûmes que nous prosternez
devant
elle en signe de révérence.
Tout d’un coup, il se dressa et entonna, de sa voix
gutturale,
une imprécation. La salle résonna d’un
vacarme
insupportable de craquements, grattements, claquements et le sol
semblait pris de convulsions. Une scène aussi merveilleuse
qu’abominable se déroula devant nos yeux
ébahis.
Des os sortaient de terre, des tibias, des crânes, des
fémurs, des colonnes vertébrales, des mains,
enfin tout
ce dont le corps humain pouvait posséder comme ossements, et
ils
s’assemblaient, mais de manière peut
conventionnelle. On
aurait dit que des corps se construisaient de façon
aléatoire, hasardeuse. Peu importait l’os et sa
place
d’origine, l’essentiel était de former
des
squelettes plus ou moins de silhouettes humanoïdes, deux
membres
inférieurs servant de jambes, deux bras, un torse pour
relier
tout cela et un crâne surmontant le tout.
A l’exception du crâne, les autres parties
étaient
constituées d’ossements venant de
n’importe
qu’elle partie du corps humain, assemblés les uns
aux
autres pour vaguement ressembler à un squelette. Il
n’était pas rare de voir un enchaînement
de
crânes en guise de colonne vertébrale, ou des
mains
servant de liens entre le bras et l’avant bras, faisant
office de
coude ou de genou.
En un rien de temps, une armée de plusieurs centaines de
morts-vivants avait été relevée par la
simple voix
de Yayeth.
Et là, tout bascula.
La liche pointa le doigt vers nous quatre.
Nous fûmes alors submergés par ces squelettes, des
mains
cadavériques nous agrippaient par dizaines, impossible
d’échapper à une terrible mort certaine.
Ils nous présentèrent l’un
après
l’autre à leur dieu. Qu’allait-il nous
arriver ? La
majeure partie d’entre nous ne s’en souciait pas.
Nous
avions atteint notre but, accompli la prophétie.
Steph fut le premier. Yayeth
s’approcha de lui, tendit
sa main vers la sienne, et vision horrible, enfonça son
doigt
dans la main de notre ami. Là, nous autres avons compris que
Steph était mort, gisant dans les bras des squelettes. La
liche
extirpa un os de la main de Steph et, là je ne fais que
faire
une supposition, l’intégra à son propre
squelette,
car elle enfouit sa main sous son aube et la ressortit sans
l’os
dérobé. Et, comme par un enchantement
maléfique,
juste à cet instant, le corps de Steph se réanima
!
Venait mon tour. La même chose
m’arriva, si ce
n’est que la ponction osseuse se fit au niveau de mon poignet
gauche. Effectivement, à ce moment précis je
passai par
la mort, puis rapidement ma conscience revint, mais ni ma respiration,
ni mes battements de cœur, ni mon pouls. Je vivrais
éternellement dans un état de mort
perpétuelle.
Là même
cérémonie se passa
maintenant pour Flo. Prélèvement d’une
côte,
et même effet.
Vint finalement le tour de Kiki. Lui,
contrairement à
nous trois, se débattit, mais rien à faire, toute
tentative de s’extirper des squelettes était
vaine. Yayeth
perfora alors le bras de Kiki avec ses doigts, en retirant un long os,
mais au lieu de se l’incorporer, il le réduit en
poudre au
creux de sa main. Il prit la parole.
« Il n’est pas digne d’être
reçu.
Qu’il aille vénérer la
misérable Faucheuse,
l’usurpatrice, celle qui prétend diriger la vie de
l’humanité, qu’il aille servir cette
pitoyable Dame
La Mort. Ha ! Ha ! Ha ! »
Kiki fut ensuite emporté par un flot de squelettes vers
l’extérieur du dôme, on ne sait pour
qu’elle
destination.
La cérémonie semblait
terminée. Yayeth
s’était remis assis sur son trône, les
squelettes
nous avaient relâchés et vaquaient à on
ne sait
quelles occupations.
Yayeth nous interpella.
« Vous trois, vous qui avez
oeuvré pour mon
retour, je vous dois une récompense plus importante que la
simple intégration à mon armée. Je
vous nomme
à la tête de celle-ci ainsi
qu’à celle de mon
culte, vous serez mes Seigneurs de Guerre et apôtres du culte.
Toi tu ne t’appelleras plus Flo, tu deviens Excruciate,
Annonciateur de Mort et Seigneur des Horreurs.
Toi, Steph n’est plus ton nom, mais Darknitter, Main des
Ténèbres et Seigneur des Arachnides.
Quant à toi, oublies JP, on te nommera dorénavant
Impeltor, Grand Empaleur et Seigneur des Boucs.
Aux moments voulus, vous ressentirez ce que j’attends de vous
!
Allez prodiguer ma parole. »
À suivre…
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